Powète!
(enfin, ça dépend des jours)
Aaaahhhh la Poésie
Transpire en commun
(libres réflexions sur la canicule)
Sudations odorantes
Gouttelettes dégoulinantes
Chaleurs asphyxiantes
Soif dévorante
Rails dilatés
Collés-serrés
Chemises tachetées
Robes auréolées
Effet bocal
Sécheresse buccale
Retards sur la ligne
Insultes caudines
Troupeau qui s’enflamme
Sur le quai, sur la rame
Atmosphère malsaine
Contagion microbienne
Brasier humain
Cuisson à point
Ardeur caniculaire
Éponge vestimentaire
Compression
Auto-ventilation
Haleines suffocantes
Moiteurs liquéfiantes
Vapeurs soporifiques
Mines déconfites
Regards hagards
Sauna en gare
Terminus. A la prochaine !
Quand j'entends le mot kalachnikov
Rafales, massacres, détonations, carnages
Resistance, méfiance, vigilance, état d’urgence
Explosions, munitions, boulons, otages
Suspicions, traques, assauts et minutes de silence
Création d’un monstre, bain de sang, Bataclan
Bourbier, engrenage, dégringolades, croisades
Bombardements, causes conséquences et réciproquement
Terrasser, guerre de mille ans, faire du chiffre de malade !
Coordonner l’horreur, atteindre le Nirvâna paradisiaque
Réussir son coup, attentats déjoués, situation chaotique
Trous de balles en cavale et délires paranoïaques
Scénario catastrophe, cris de douleurs, larmes automatiques…
La mitraille des maux infinis vient défourailler ma dernière strophe
Et pardonnez-moi l’expression en ces temps particulièrement durs
Que l’on dégaine, que l’on dézingue, ou que l’on apostrophe
Quand j’entends le mot kalachnikov… je sors ma culture !
Les Raies-Eléphantes
(poème pour un poisson d'avril)
Aux toutes premières lueurs d'avril
Un pachyderme trempa sa queue dans un bocal
Et de cet accident pisciphile
Naquit une nouvelle espèce animale
Trésors difformes et créatures hybrides
Minotaures acquatiques aux crevasses ravageuses
La Nature, en toute innocence, se débride
Laissant apparaître une bestialité rugueuse
Les Raies-Eléphantes passent sous le nez
Puis fendent le coeur
Poilade de facéties panées
Qui trompe le lecteur!
Briseurs de rêves et casseurs de noix
R :Briseurs de rêves et casseurs de noix
Ils me réfreinent mais je f’rais n’importe quoi… pour toi
Le cœur a sa morale que la morale ignore
La mort a sa logique dont personne ne sort
Sauf les fous chantant à la vie éternelle
Sauf les poètes qui rient de la Parque mortelle
Sauf les doux rêveurs qui ne peuvent avoir tort
Sauf les idéalistes, chercheurs d’or
Que l’on coupe le fil de la vie à qui veut bien se faire couper
Qu’on laisse vivre toute fantaisie et tout brin de folie « alliée »
R
J’entends déjà poindre la clique des cyniques
Et autres trouducologues pragmatiques
Brandissant leur verve rationnelle
Exécrant la chair, le passionnel
Mais la voie est seule et unique lorsqu’il s’agit de désir
De plénitude extatique s’abreuvant d’élixirs
D’oniriques voyages galactiques dans le plus intime des soleils
D’authentiques explosions mirifiques dans son volcan qui sommeille
R
A ces briseurs de rêves et ces casseurs de noix
J’répondrais tête haute en leur faisant un doigt
Qu’il est temps justement pour eux de s’ casser
Délivrant le rêve de la réalité
Car oui je rêve, dans cette naïveté maladive
A m’ protéger des andouilles et des endives
Que personne ne me les brisent, que personne ne me les cassent
Ou j’ crierais tel un castrat… après une chute un peu… cocasse !
Ahhhh la belle époque
A l’époque, on jouait sans se soucier des lendemains qui chantent
Et l’on ramassait à la pelle, les petites culottes indécentes
A l’époque, on se désinfectait l’esprit à l’alcool
En beuglant « I love rock’n roll ! »
A l’époque, on refaisait le monde à la sauce bohême
Tous unis autour d’un verre dans l’espoir d’un deuxième
Ahhhh la belle époque où les vers étaient mûrs et les murs étaient verts
On se la remet à l’envers?
Photo: Artyficiel - Olivier FERTEL
Avec Wilfrid V.
Efflorescences
Emmitouflée dans les parois d’un cocon
Passant des nuits
A hiberner
La chrysalide éclot quand arrive la douce saison
Bourgeon balbutiant
A la soif de grands jours minéralisés
Dans un ciel efflorescent
Et elle décolle, elle s’envole, en clé de sol
Au gré des symphonies en or,
en vie,
Ses ailes revigorent
Quand rejaillit la sève d’une écorce frémissante
Le jeune rameau
Jette son duvet
Se libère de ses écailles qui recouvrent sa peau éclatante
Soleil reluisant
Tous les rayons cycliques viennent le déguster
Dans un songe de printemps
Et il décolle, il s’envole, en clé de sol
Au gré des symphonies en or,
en eau
Ses fruits revigorent
Tout s’illumine
Et tout prend forme
Tout se transforme
A la levure
Rien ne se perd dans cette nature
Cristalline
Et elle décole, elle s’envole, en clé de sol
Au gré des symphonies en or,
Hors-norme
Son essence revigore
Ton horizon
J’ai surfé sur les doubles croches
Passé le mur du son
Un harmonica dans la poche
En guise d’accordéon
J’ai soufflé les lignes infinies
Des notes hors de portée
Pas d’bémol dans ma méli-mélodie
Juste des dièses décalés
J’ai trouvé la clé d’sol
En fusion
Et j’ai pris mon envol
Pour rejoindre ton horizon
Pulsations
Pour rejoindre ton horizon
Les oiseaux étaient au diapason
Dans une harmonie parfaite
Leurs soupirs donnaient l’inspiration
De l’air dans ma tête
Puis j’ai foncé sans commune mesure
Et j’ai boosté le tempo
Pour faire voler cette belle tablature
Toujours crescendo
A l’unisson des chants d’amour
La profusion des sans-détours
A l’unisson des chants d’amour
La partition est sans retour
Tututte poët poët
Il y a certains soirs
où lorsqu'on cherche son chemin
La rue devient miroir
Pour seule et unique témoin